Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /Nov /2009 23:19

*où l'on peut revisionner le documentaire d'Arte à ne pas louper "Grippe A un virus qui fait débat"*-*où Mme Bachelot sacrifie son bras à sa cause*-*où les infirmières parlent de manque d'hygiène et de bêtes vaccinées à la chaine*- *où "précéder n'est pas causer"
pour rassurer  alors qu'en 2007 le Dr Dubernard au Sénat mettait en doute les effets du vaccin antigrippal saisonnier*-*où GSK licencie*-*où l'INVS signale les mutations du virus*- *où le test de dépistage coùte 100€ non remboursé et des kits non validés seront mis sur le marché*- *où Mme Bachelot remet à plus tard le problème des dépenses phénoménales de sa campagne vaccinale*.


1- Le 20  octobre le documentaire Grippe A un virus qui fait Débat est sorti sur Arte.
En voici les vidéos
1

2

3

4

5

6

7

Pour ceux qui sont pressés, voici  une vidéo qui résume les arguments de Roselyne Bachelot face à ceux du Docteur Marc Girard. (médecin et spécialiste du médicament
Au « faîtes vous vacciner! » de Mme Bachelot est répondu « incompétence et corruption »

2- Mme Bachelot se sacrifie pour sa cause :
On sait que le mois de novembre fut celui de l’ouverture des centres de vaccinations antigrippe A pour recevoir les volontaires dans des locaux réquisitionnés à cet effet : gymnases, salles municipales etc…
On a vu Madame Bachelot tout sourire offrir son bras grassouillet (le droit… ce qui aurait surpris Elkabbach  ) devant les journalistes pour prouver que finalement, même pas peur du vaccin !
(et ainsi désavouer ses dires sur Canal + le 15 septembre, comme quoi elle n’allait pas se faire vacciner, dont on n’a plus retrouvé trace de la vidéo d’ailleurs… )
Malgré le peu de clientèle dans la première quinzaine du mois, les médias ont poursuivi leur campagne dans la bonne humeur en déclarant de ci de là que le manque d’enthousiasme n’était pas inquiétant.


3- Des infirmières rouspètent sur les conditions de vaccination :

Des infirmières ont dénoncé dans plusieurs centres  le manque d’hygiène de base , voir ici à propos des gymnases parisiens section sud.
Etudiants non encadrés, seulement deux boites de gants…
Ecouter les témoignages ici
« on se croirait dans un centre vétérinaire, et le mot n’est pas trop fort : des bêtes qu’on vaccine à la chaine ».
Dans un centre de l’Oise c’est l’utilisation d’une seule seringue à aiguille sertie qui a conduit des infirmières à refuser de vacciner (le site étant en réparation, je délivrerai le lien plus tard)
A Carcassonne un patient refuse pour les mêmes raisons l’injection, conseillé par son généraliste.
Voici l’article en entier au cas où il disparaitrait entre temps :
Édition du jeudi 19 novembre 2009
Carcassonne. Grippe A (H1N1)Des aiguilles qui sèment le trouble
Bien loin de l'inactivité forcée qu'avait connue un centre de vaccination de l'Oise la semaine passée, le site carcassonnais de la plaine Mayrevieille a subi, hier matin, un refus de vaccination d'un visiteur.
En cause, l'usage de seringues avec des aiguilles serties (fixes), qui implique que le prélèvement de la dose de vaccin puis son injection soient accomplis avec la même aiguille. Principe qui, vendredi dernier, avait poussé des infirmiers de l'Oise à refuser l'acte. Même décision pour le visiteur hier, encouragé par son médecin généraliste, présent sur le site : « Il a été très clair et m'a dit : si elles ne veulent pas te piquer avec deux aiguilles, tu refuses. » Et de détailler les craintes liées à des questions d'hygiène, avec une aiguille traversant l'opercule d'un flacon
utilisé pour livrer dix doses, ou encore les considérations économiques selon lui bien mesquines qui amènent à faire le choix d'une aiguille au lieu de deux. Car la formation suivie par ces professionnels de santé est claire : « Une aiguille pour prélever, une pour piquer. Pendant toutes leurs études, on leur dit de faire comme ça », concède le D r Schwartzentruber, médecin de santé publique de la direction régionale des affaires sanitaires et sociales du Languedoc-Roussillon.
Informé de l'épisode matinal, ce responsable de la vaccination pour la région ne peut que répéter le message transmis lors des multiples sessions de formation engagées avant l'ouverture des centres : « Toute vaccination pandémique est basée sur des matériaux spécifiques. Ces aiguilles équipent tous les centres et sont adaptées à la vaccination de masse. » Et de souligner les limites de l'usage de deux aiguilles : « Ça prend plus de temps, d'une part. Mais il peut aussi y avoir des erreurs lors du changement d'aiguille. Avec ces aiguilles serties, il n'y a aucun risque accru d'infection, de contamination, ou de douleur. » Les infirmières ont en vain tenté de convaincre le récalcitrant visiteur avec la note du ministère de la Santé adressée aux centres de vaccination lundi. Une note qui ne se privait pas de citer les conclusions de l'organisation mondiale de la santé faisant du changement d'aiguille une opération qui « induit un risque de contamination ».
Certitude assénée avant que le D r Schwartzentruber ne se place sur le terrain du bon sens pour son dernier argument : « Vous pensez bien qu'on ne va pas s'amuser à prendre des risques, alors qu'on a déjà du mal à convaincre les gens de se faire vacciner. » Un message qui semble pourtant bien passer. Hier, le seul centre de Carcassonne aura réalisé 100 vaccinations (*) quand les sept centres audois n'avaient accompli que 242 injections lors de la journée de mardi. Fermetures : cinq de plus Hier, la préfecture informait de la fermeture de cinq établissements scolaires, après les sept fermetures décidées mardi. Sont donc fermés, depuis hier et jusqu'au mardi 24 novembre inclus : l'école maternelle et le collège Jeanne d'Arc (24 et huit cas suspects), l'école primaire Saint-Michel (18), à Carcassonne ; l'école primaire Sévigné à Narbonne (dix) ; l'école primaire de Pouzols-Minervois (20).

Antoine CARRIÉ
(*) 83 à Narbonne et 16 à Quillan hier également.


Comme on peut le constater, l’OMS a réponse à tout : l’utilisation de deux seringues à aiguilles serties offriraient plus de risque d’erreur de manipulation, donc de contamination. C’est sûr qu’avec un personnel non formé…

4- "Précéder n'est pas causer" même si les effets du vaccin antigrippe furent toujours douteux :
De plus, les cas graves d’effets secondaires (hospitalisation, prolongée, et décès) ou réactions diverses indésirables (allergies et c…) signalés suite à l’injection du vaccin ne peuvent lui être impartis tant que les examens ne déterminent pas les causes véritables ; le manque de recul nécessaire arrange finalement le gouvernement et sa campagne financière.
« Vaccin Utile »
Didier Houssin répondra à Monsieur Apathie que « précéder n’est pas causer » .

Dans cette logique, je ne peux que m’étonner que les cas de grippes ou de décès soient si rapidement attribués à la grippe A, alors que, précédant  son vaccin, ce dernier ne sera pas mis en cause.
On se souviendra pourtant de cette table ronde en 2007  :
Vaccin : convaincre et innover pour mieux protéger.
Le président Jean-Michel Dubernard, député, a estimé qu'il manque des données scientifiques permettant d'apprécier l'utilité des vaccins.
Alors que pourtant il s’agissait de celui de la grippe saisonnière, permettant déjà plus de recul.
Monsieur Dubernard aurait par la suite désavoué ses propres dires. Mais, après l’enquête d’un journaliste et ré écoute de l’enregistrement du débat, il ne sera fait plus aucun doute sur la teneur des propos du chirurgiens :
Le président Jean-Michel Dubernard, député, en a convenu, rappelant qu’il n’existe pas de preuve scientifique sur l’utilité des vaccins. »

La langue de Jean-Michel Dubernard (alors député), président de la table ronde et premier vice-président de l’Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé, n’a apparemment pas fourché. En effet, il réitère un peu plus loin sa pensée en disant qu’il « manque des données scientifiques permettant d’apprécier l’utilité des vaccins » !

Nous avions ajouté un article à notre enquête pour donner cette information. Ces propos dans la bouche d’un tel responsable politique avaient étonné nos lecteurs. D’autant plus que le parlementaire n’avait pas été démenti par ses interlocuteurs présents lors de cette réunion qui rassemblait les plus grands experts dans ce domaine.

Cela ne pouvait qu’ajouter à la perplexité et au doute concernant la vaccination. Pourquoi alors affirmait-on constamment et fortement le contraire au public ? Que les vaccins sont sans risque, que leur utilité est scientifiquement établie, etc. ?

C’est pourquoi nous nous étions interrogés : soit ce député a dit n’importe quoi – et il faut se demander ce qu’il faisait à la tête de cette table ronde. Soit il dit vrai - apportant ainsi la preuve, au détour de cette discussion au parlement, que le discours officiel trompe sciemment le public en affirmant que la vaccination repose sur des bases scientifiques irréfutables.

 La retranscription précise des propos de M. Dubernard

 Nous avons donc voulu en savoir plus. Contacté par téléphone, Jean-Michel Dubernard nous a affirmé qu’il n’avait pas pu prononcer ces paroles, qu’elles avaient certainement été mal retranscrites par les services administratifs parlementaires. Nous avons donc vérifié auprès de ces services, à l’Assemblée nationale comme au Sénat. Or ceux-ci, après avoir réécouté l’enregistrement de la table ronde, nous ont confirmé que la teneur des propos du député avait été bien respectée dans le compte rendu.

Qui croire ?

Pour tenter d’y voir plus clair, nous avons nous-mêmes écouté l’enregistrement. Voilà ce qui a été effectivement dit :

- J-M Dubernard : « Là encore, on manque de données scientifiques pour apprécier les résultats de la vaccination de façon définitive. De plus en plus de types disent… Je participais à un colloque l’an dernier ici-même ; il y avait des médecins. [« Avec le vaccin contre] la grippe, [disaient-ils], peut-être qu’on a moins de fièvre, mais on est quand même embêtés. C’est ce qui m’arrive à moi aussi, même si je suis vacciné, toutes les fois. Le grand public et les médecins non spécialistes ont besoin d’informations précises et scientifiques sur la signification de cette affaire. Quand on me dit : « Tel [nouveau] vaccin fabriqué par tel labo est fantastique, la preuve, c’est quand je me le fais, je tousse ! et tous les types dans la salle, c’est pareil ! Même si on atténue, c’est pas le virus qui est atténué, ce sont les symptômes chez le receveur. Là, il y a des problèmes qui se posent. On l’avait déjà noté en introduction. »

C’est tout ce passage qui a été résumé par les fonctionnaires par : « Il manque des données scientifiques permettant d’apprécier l’utilité des vaccins ».

L’autre séquence fait suite à un interlocuteur (Éric Guez, de Novartis Vaccines) qui expliquait ceci : « On parle du lobby anti-vaccination ; oui, mais il y a aussi une défiance presque non-dite. Vous-même l’avez dit par rapport à la grippe. Il y a ce sentiment général que, même si on se vaccine, on va quand même faire la grippe… »

- J-M Dubernard : « Oui mais il faut nous prouver scientifiquement que ça sert à quelque chose ! Or moi, je n’ai pas de preuve ! J’ai regardé : zéro ! Pas de publication. »

Ce passage a été résumé par les fonctionnaires par : « Il n’existe pas de preuve scientifique sur l’utilité des vaccins ».
Le président s’expliqua plus tard, sur ses doutes concernant particulièrement le vaccin antigrippal :
« Par ailleurs, concernant le vaccin contre la grippe, en raison de mon expérience personnelle, j’émets quelques doutes. Je considère que les laboratoires devraient fournir des études les plus complètes possibles sur l’efficacité de ces vaccins, sur les différences observées entre vaccinés et non-vaccinés, sur ce qui se passe quand le virus connaît une légère mutation par rapport au virus original, etc[1]. »

Suite de l’article

5- GSK licencie :
Le 20 Novembre, GSK compte licencier une partie de ses employés alors que la boutique tourne bien, mais les astuces inhumaines des multinationales ne surprennent plus personne.

6- L'INVS signale des mutations dans le génome du virus de la grippe A :
Le 27 Novembre, l’Institut de Veille Sanitaire diffuse un communiqué de presse révélant 2 cas de décès sous mutation du virus, mais ne remet pour l’instant pas en cause l’efficacité des vaccins.
Grippe A (H1N1) 2009 : le point en France métropolitaine
 Saint-Maurice, le 27 novembre 2009

 L’Institut de veille sanitaire (InVS) signale l’identification en France par les Centres nationaux de référence de mutations dans le génome de virus de la grippe A (H1N1) 2009 et retrouvés chez deux patients qui, par la suite, sont décédés.
Pour ces deux patients, sans relation entre eux et hospitalisés dans des villes différentes, il s’agit d’une mutation récemment signalée dans d’autres pays européens (Norvège, Danemark…). Cette mutation pourrait augmenter les capacités du virus à atteindre les voies respiratoires basses, et notamment, à atteindre le tissu pulmonaire. Pour un de ces patients, à cette mutation s’ajoute une autre mutation connue pour conférer une résistance à l’oseltamivir. Il s’agit de la première souche résistante en France parmi les 1200 souches analysées à ce jour.

La survenue de mutations du virus A (H1N1) 2009 n’est pas inattendue du fait des caractéristiques des virus grippaux. L’impact de ces mutations sur le caractère pathogène et la capacité de diffusion de ces virus n’est pas documenté et va faire l’objet d’investigations complémentaires à l’échelon français et international.
L’efficacité des vaccins actuellement disponibles n’est pas remise en cause.

Par ailleurs, le nombre des décès signalés en métropole depuis le début de l’épidémie s’élève à 76, soit 8 de plus que dans le bilan du 25 novembre (bulletin publié le 26 novembre). Le nombre de cas graves augmente quant à lui de 63 depuis le même bulletin, passant à 420 depuis le début de l’épidémie en France métropolitaine. L’InVS précise que ce bilan englobe l’ensemble des décès notifiés (cas confirmés et cas probables1).

(1) Cas probable : forme clinique grave sans autre étiologie identifiée, dont le tableau clinique et l’ensemble des renseignements fournis au médecin évoquent le diagnostic de grippe même si la confirmation biologique n’a pu être obtenue

On reste donc toujours dans le flou à propos des chiffres sur les décès signalés pour la grippe, qu’elle soit saisonnière ou H1N1.
Ce qui n’empêche pas Madame Bachelotle lendemain, d’étourdir à coups de chiffres pour justifier sa campagne et d’annoncer que de plus en plus de personnel sera mobilisé pour "fluidifier" le dispositif de vaccination.
"Nous avons également renforcé les équipes soignantes: 650 internes en médecine sont chaque jour dans les centres. A partir de la semaine prochaine, des médecins salariés de la médecine du travail" et "du service des armées" seront mobilisés, a-t-elle déclaré.

D'après Mme Bachelot, les autorités disposent des "moyens humains" pour "dilater" leur "système": "médecins volontaires, infirmiers, élèves infirmières, médecins retraités"


7- Test de dépistage : 100€ non remboursé. Kits non validés en "situation d'urgence" :
Pour savoir si on a été contaminé par le virus de la grippe saisonnière ou la grippe A dite pandémique, le Test dépistage coûterait  100€  et ne serait pas remboursé.

Des Kits de dépistages seraient disponibles sur le marché, non validés par la FDA mais autorisés pour « utilisation en cas d’urgence », c’est-à-dire jusqu’en Avril 2010.
Extraits du billet datant du 18 novembre :
<< Alors que le virus de la grippe A(H1N1) 2009 continue de se propager dans le monde, il est primordial que les médecins aient accès à des tests fiables afin d'identifier rapidement et de façon définitive les patients infectés >>, a déclaré Harald Kessler, docteur, professeur et directeur de l'unité de recherche << Diagnostiques moléculaires >> à l'Université Médicale de Graz, Autriche. << Le nouvel essai Simplexa pourrait constituer une solution rapide et fiable afin de générer des résultats de test du virus 2009 H1N1 dans les laboratoires de biologie moléculaire en Europe et dans bien d'autres régions. Un temps de maintenance rapide peut aider à la gestion médicale des patients et permettre aux hôpitaux d'isoler les patients infectés des individus à haut risque. >>
(...)
A propos de l'autorisation d'utilisation d'urgence de la FDA
La FDA a autorisé Focus Diagnostics à commercialiser et offrir son test Simplexa™ de la grippe A H1N1 (2009) pour une utilisation sur la plateforme 3M™ Integrated Cycler aux laboratoires certifiés CLIA à haute complexité, pour une utilisation en cas d'urgence. La 3M Integrated Cycler est un système de test diagnostic moléculaire microfluidifique non validé ni habilité par la FDA. Ce test a été autorisé par la FDA avec une autorisation d'utilisation d'urgence. Il n'est autorisé que pour la durée de la déclaration d'urgence selon la section 564(b)(1) de la loi 21 U.S.C., section 360bbb-3(b)(1). La déclaration d'urgence expirera le 26 avril 2010, sauf si elle est close ou révoquée avant cette date, ou renouvelée.
Il est à noter que les « situations d’urgence » autorisent tout et n’importe quoi. Décréter qu’on n’a plus le choix permet bien des dérives et erreurs mais tout est prévu afin que personne ne soit responsable et que seuls les victimes en paieront les pots cassés, ceci n’étant que ma petit remarque personnelle philosophique, en passant.


8-  Au Sénat Mme Bachelot débat pour justifier les dépenses... :
Je n’ai sûrement pas fait tout le tour des dernières nouvelles concernant cette affaire commerciale de vaccin de grippe A, mais les débats du Sénat valent vraiment le coup d’œil, je vous laisse apprécier entre autres les questions de Monsieur Autain et signes dubitatifs avec les réponses de Madame la Ministre Roselyne Bachelot du 12 novembre :

M. François Autain. Le projet de loi voté par l’Assemblée nationale réécrit le chapitre IV de l’article 68 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2009, pour modifier sensiblement l’équilibre entre la part de l’État et celle de l’assurance maladie dans le financement de l’EPRUS.

En effet, la part de la CNAM, fixée initialement à 44 millions d’euros, est portée à 414,8 millions d’euros, ce qui représente pour la Caisse une augmentation de 373,8 millions d’euros.

L’amendement n° 506 du Gouvernement tend à infléchir quelque peu cette augmentation, en ramenant à 188,3 millions d’euros, soit 226,5 millions d’euros de moins, le montant de la participation des régimes obligatoires d’assurance maladie au financement de l’EPRUS. Or, l’amendement n° 507 déposé à l’article 10 prive l’assurance maladie du rendement attendu de 300 millions d’euros apportés par la taxe exceptionnelle sur le chiffre d’affaire des mutuelles. On comprend que le Gouvernement, dans les faits, compte charger encore un peu plus l’assurance maladie des dépenses qu’il a engagées dans le cadre de son plan de lutte contre la pandémie de grippe A/H1N1.

Ce constat appelle quelques remarques de notre part.

De mon point de vue, la première critique qui s’impose porte sur la responsabilité de l’État dans cette affaire. C’est bien à lui d’assumer les coûts induits par les décisions de santé publique prises dans des circonstances exceptionnelles. L’article 3131-1 du code de la santé publique est, en outre, très clair sur ce point et confie au ministre chargé de la santé la responsabilité de prendre des décisions « en cas de menace sanitaire grave appelant des mesures d’urgence, notamment en cas de menace d’épidémie » ; c’est la situation que nous connaissons aujourd’hui. Le code précise également que les effets secondaires qui pourraient survenir à la suite de ce type de campagne de prévention sont pris en charge par l’État. En cas de crise majeure, c’est donc bien à la collectivité tout entière qu’il revient de financer la campagne de vaccination.

Par ailleurs, les conditions dans lesquelles ces contrats ont été passés appellent une seconde critique. Nous avons affaire ici à un cas inédit, dans lequel le nombre d’achats comme l’accord concernant le prix des vaccins ont été établis sinon dans l’urgence, en tout cas avec une certaine précipitation, avant même que l’autorisation de mise sur le marché du produit n’ait été accordée. En effet, en cas de retard de livraison, aucune pénalité n’a été prévue. On peut se demander, par ailleurs, pourquoi le prix fixé, qui varie selon les laboratoires fournissant les doses, est sensiblement plus élevé que celui qui a été obtenu par les autorités américaines.

Parallèlement, il règne une grande confusion quant au nombre d’injections. Alors que l’Agence européenne des médicaments recommande deux injections, la campagne actuellement menée en France semble n’en préconiser qu’une seule. Pourriez-vous nous éclairer sur ce point, madame la ministre ? Les informations qui nous sont délivrées sont contradictoires et rendent l’appréciation de la situation très difficile.

Nous avons tous remarqué que tant les professionnels de santé que la population, en général, ne manifestent pas un très grand enthousiasme pour cette vaccination. On peut par conséquent se demander si le nombre de doses commandées – 94 millions – ne sera pas très supérieur aux besoins effectifs. Si tel est le cas, que comptez-vous faire, madame la ministre, des doses qui n’auront pas été administrées ? Allez-vous demander à l’assurance maladie de les prendre en charge ?

Enfin, je déplore que les médecins et les pharmaciens aient été tenus à l’écart des mesures prises en faveur de la lutte contre cette épidémie.

Je terminerai par une dernière remarque…

M. le président. Mon cher collègue, votre temps de parole est écoulé.

M. François Autain. Je reviendrai donc sur ce point ultérieurement, monsieur le président !

M. le président. La parole est à Mme la ministre.

Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre. Je me dois de répondre aux questions posées par M. Autain sur la campagne de vaccination.

Mesdames, messieurs les sénateurs, avec la grippe A/H1N1, nous sommes confrontés à la première pandémie du XXIe siècle. Ses caractéristiques n’ont rien à voir avec celles de la grippe saisonnière. Des cas extrêmement graves, qui touchent des personnes sans facteurs de risques, des enfants, parfois de façon fulminante, ont amené le Gouvernement et la ministre de la santé que je suis à acquérir des vaccins, de façon que tous nos compatriotes qui le souhaiteront puissent se faire vacciner.

Les caractéristiques de la pandémie nous ont conduits – c’est une démarche éthique – à ne pas choisir les publics devant se faire vacciner.

Par ailleurs, les différences de prix entre les vaccins sont justifiées par des techniques de fabrication très différentes. Le vaccin Baxter, par exemple, est plus coûteux, parce qu’il est cultivé non sur des substrats à base d’œuf mais sur des substrats cellulaires. Nous en avons acheté 50 000 pour permettre de vacciner des personnes allergiques à l’œuf. Il était tout à fait utile de se procurer de tels vaccins (M. François Autain l’admet.), certes en quantité limitée.

Le Gouvernement ne souhaitait pas être pieds et poings lié à un seul fournisseur de vaccins, afin de garantir la sécurité des approvisionnements.

Vous avez pu constater que nous avons agi dans la plus totale transparence. (M. François Autain fait un signe dubitatif.) Voilà de longues semaines, j’ai indiqué précisément devant la représentation nationale, Assemblée nationale et Sénat, le nombre précis de doses achetées et les prix pratiqués. Grâce à une aide considérable apportée par les meilleurs spécialistes de la constitution des prix pharmaceutiques, en particulier M. Noël Renaudin, président du Comité économique des produits de santé, et M. Thierry Coudert, directeur général de l’EPRUS, nous avons pu négocier les meilleurs prix auprès des laboratoires.

Nous avons également mené une action de coordination et de concertation formelle et informelle avec l’ensemble de mes collègues de l’Union européenne. Ainsi, j’ai rencontré à plusieurs reprises les ministres de la santé allemand, belge, espagnol, italien, afin de connaître la façon dont ils négociaient les prix. La marge bénéficiaire des laboratoires pharmaceutiques est donc extrêmement réduite.

Le Gouvernement a acquis 94 millions de doses de vaccin, charme de la lucidité. Lorsque ces vaccins ont été commandés, les autorités sanitaires nous avaient indiqué que deux injections étaient nécessaires. Les choses évoluent : la couverture immunitaire serait importante avec l’injection d’une seule dose. Dans trois semaines environ, un avis devrait nous confirmer ce fait. C’est une très bonne nouvelle.

M. François Autain. Eh oui !

Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre. Mais une seule injection suffira-t-elle pour l’ensemble de la population ? Selon les experts sanitaires, il est très probable que les enfants de moins de dix ans aient toujours besoin de deux doses de vaccin.

Monsieur Autain, ne soyez pas inquiet quant à l’utilisation de toutes les doses achetées. Nombre de pays moins précautionneux que le nôtre frappent à notre porte pour obtenir des vaccins, notamment les États-Unis. Ayez aussi en mémoire la très grande désorganisation de l’appareil sanitaire ukrainien. Les vaccins seront donc utilisés au cours de la campagne de vaccination menée soit cette année, soit l’année prochaine, ou bien seront revendus.

« Pourquoi les médecins généralistes ne sont-ils pas associés à cette vaccination ? », avez-vous demandé, monsieur le sénateur. Bien qu’ils soient évidemment appelés à convaincre nos compatriotes de la nécessité de se faire vacciner, ils n’ont pas été sollicités dans un premier temps pour une raison toute simple : les vaccins ne sont présentés qu’en flacons multidoses et n’existent pas en doses unitaires.

M. François Autain. C’est dommage !

Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre. Monsieur Autain, je ne doute pas de la capacité de l’industrie pharmaceutique à nous présenter, peut-être dès l’an prochain, des vaccins unidoses.

Mais nous sommes confrontés à un problème de traçabilité de la vaccination. Comment voulez-vous délivrer à des cabinets médicaux des flacons multidoses qui doivent être utilisés dans la journée ? C’est totalement impossible ! De surcroît, la plupart des cabinets de médecins libéraux, qui n’ont pas le statut d’établissements pharmaceutiques, n’ont parfois pas de réfrigérateur (Protestations sur les travées du groupe CRC-SPG et du groupe socialiste.)…

M. Bernard Cazeau. Non !

Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre. … ou disposent d’un appareil ne permettant pas d’entreposer des produits pharmaceutiques. Reconnaissez-le ! Le risque de perte était donc extrêmement important.

De surcroît, combien de vaccins multidoses convenait-il de donner à chaque cabinet médical ? Combien de personnes un cabinet médical serait-il conduit à vacciner ? Quinze, vingt, trente patients ? Nous n’en savons rien.

Compte tenu de la mise sur le marché de flacons multidoses, le Gouvernement a donc dû organiser la vaccination dans des centres.

Les deux tiers des médecins généralistes ont décidé de se faire vacciner. D’ores et déjà, 100 000 professionnels de santé ont été vaccinés dans les hôpitaux. Chaque jour, 10 000 personnels supplémentaires recourent à la vaccination. Les professionnels de santé sont en train de se mobiliser parce qu’ils savent qu’ils doivent non seulement se protéger, mais également protéger leurs malades. Je rappelle que nous avons déploré ces jours-ci le décès d’un malade contaminé en milieu hospitalier.

La responsabilité des professionnels de santé est entière en la matière. Je leur rends hommage parce qu’ils commencent à prendre en compte les enjeux considérables de cette première pandémie du XXIe siècle. (Très bien ! et applaudissements sur les travées de l’UMP et de l’Union centriste, ainsi que sur certaines travées du RDSE.)


Les débats du 13 novembre traitent aussi des dépenses exceptionnelles faites par le dispositif de plan d’urgence de vaccination et des moyens d’y remédier, qui semblent être remis dans un futur flou si je peux me permettre de résumer une des réponses de Mme Bachelot :
Nous disposons donc d’un certain nombre d’outils qui sont parfaitement fiables et qui nous permettront de quantifier, au moment de l’évaluation du respect de l’ONDAM – vous connaissez aussi bien que moi, monsieur le rapporteur général, monsieur le rapporteur pour avis, les dates exactes de vérification –, les dépenses qui seront liées à la pandémie grippale. Mais, bien sûr, nous le ferons a posteriori. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est tout à fait impossible de fixer aujourd'hui un ONDAM tenant compte des dépenses liées à la pandémie.

Peut-être, mesdames, messieurs les sénateurs, savez-vous lire dans une boule de cristal ? Pour ma part, je ne sais pas le faire ! Je me prépare à cette pandémie, mais je ne peux pas apporter de réponses maintenant. C’est pourquoi nous nous fondons sur un ONDAM classique et proposons de sortir du comité d’alerte. Je ne souhaite pas sanctionner dans ce cadre les médecins et les assurés, et je trouve que votre proposition est vraiment injuste.
(…)
C'est la raison pour laquelle il me paraît tout à fait légitime que l’assurance maladie prenne en charge les dépenses liées à la campagne de vaccination contre la grippe A, comme elle le fait pour la grippe saisonnière, et qu’elle indemnise à ce titre les professionnels de santé.

Suite ici

Le 5 novembre, il fut demandé à Mme Bachelot de prendre en compte les pertes financières liées aux réquisitions des salles municipales pour ce vaccin ; on la  questionne sur les moyens d’indemniser les municipalités concernées. La réponse est en attente

Par Satyneh - Publié dans : Vaccin Grippe A H1N1
Envie de réagir ? - 0 réactions
Retour à l'accueil
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés